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Guides & Expertise

ARENH : définition, fonctionnement et fin en 2026

L'ARENH (Accès Régulé à l'Énergie Nucléaire Historique) était le pilier de la régulation électrique française depuis 2011. Sa suppression au 1er janvier 2026 change durablement les conditions d'approvisionnement pour toutes les entreprises qui renominent cette année.

Mis à jour le 1 mars 2026

Qu'était l'ARENH ?

L'ARENH — Accès Régulé à l'Énergie Nucléaire Historique — était un dispositif légal créé par la loi NOME de 2010 et entré en vigueur en 2011. Son principe : EDF devait céder une partie de sa production nucléaire à ses concurrents à un prix administré, afin de leur permettre de proposer des offres compétitives sur le marché de détail.

Avant l'ARENH, EDF disposait d'un avantage structurel considérable : son parc nucléaire historique, largement amorti, lui permettait de produire à très bas coût. Sans accès à cette production, les fournisseurs alternatifs ne pouvaient pas rivaliser sur les prix. L'ARENH visait deux objectifs : corriger cette asymétrie et relancer la concurrence sur le marché de l'électricité professionnel.

Comment ça fonctionnait concrètement ?

Le dispositif reposait sur trois paramètres clés :

  • Un volume plafonné — le volume total cessible par EDF était limité à 100 TWh par an, soit environ un quart de la production nucléaire française. En cas de demande supérieure au plafond, les volumes étaient proratés entre les fournisseurs demandeurs.
  • Un prix administré — fixé à 42 €/MWh depuis 2012, temporairement relevé à 46,2 €/MWh en 2022. Ce tarif était défini par décret, bien en dessous des prix de marché pendant la crise.
  • Un appel semestriel — les fournisseurs alternatifs déclaraient leurs besoins deux fois par an. L'ARENH couvrait ainsi une fraction de leur portefeuille client.

Concrètement, un fournisseur comme Engie, TotalEnergies ou ENI pouvait approvisionner une partie de ses clients professionnels à 42 €/MWh et construire ses offres en conséquence. Cela maintenait les prix de détail à un niveau raisonnable, même pendant les périodes de tension sur les marchés de gros.

La fin de l'ARENH au 1er janvier 2026

L'ARENH était un dispositif transitoire dès sa conception — la loi NOME prévoyait sa suppression à terme, une fois la concurrence jugée suffisante. Plusieurs dates butoirs ont été repoussées. C'est finalement le 31 décembre 2025 que ce régime a pris fin, conformément au calendrier fixé par la loi de 2023 sur la souveraineté énergétique.

Cette suppression a deux effets immédiats :

  • Les fournisseurs alternatifs s'approvisionnent désormais intégralement au marché de gros — plus de filet à 42 €/MWh. Leurs coûts reflètent les prix à terme (forwards) au moment où ils se couvrent.
  • EDF n'est plus tenu de céder sa production — ce qui lui rend une liberté commerciale plus grande sur le segment professionnel.

Pour les entreprises, la fin de l'ARENH se traduit par une hausse de +6 à +7 €/MWh sur les contrats renouvelés en 2026, toutes choses égales par ailleurs.

Le VNU : ce qui remplace l'ARENH

Le VNU (Versement Nucléaire Universel) est le nouveau régime de régulation du parc nucléaire existant d'EDF. Il fonctionne comme un mécanisme de corridor de prix :

  • Un prix cible de 70 €/MWh est défini sur 15 ans pour la production nucléaire.
  • Quand les prix de marché dépassent ce seuil, EDF reverse l'excédent à l'État, qui peut le redistribuer sous forme de baisse de taxes ou de financement des réseaux.
  • Quand les prix sont inférieurs à 70 €/MWh, EDF est compensé pour maintenir la rentabilité du parc.

Le VNU n'est pas un droit d'accès direct pour les fournisseurs alternatifs — contrairement à l'ARENH. Son effet sur les prix de détail sera indirect et progressif, via la régulation des revenus d'EDF et l'évolution des prix de marché à long terme. En 2026, il n'atténue pas la hausse liée à la fin de l'ARENH.

Impact sur vos contrats en 2026

Si votre contrat d'électricité arrive à échéance en 2026, la fin de l'ARENH est un paramètre à intégrer dans votre stratégie de renomination :

  • Les offres de marché sont globalement plus chères qu'en 2024–2025 — la fin de l'ARENH s'ajoute au TURPE 7 (+7,7% sur l'acheminement). Les deux hausses se conjuguent.
  • Les écarts entre fournisseurs se sont creusés — les fournisseurs qui ont anticipé leur couverture 2026 sur les marchés à terme au bon moment proposent des offres plus compétitives. Une mise en concurrence s'impose.
  • La structure du contrat compte plus que jamais — prix fixé, indexé ou hybride : le choix dépend de la lecture de la courbe forward au moment de la signature.

Questions fréquentes

L'ARENH existe-t-il encore en 2026 ?

Non. L'ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, aucun fournisseur alternatif ne peut accéder à l'électricité nucléaire à prix administré via ce mécanisme. Tous les approvisionnements se font désormais aux prix du marché de gros.

Quel était le prix de l'ARENH ?

Le prix de l'ARENH a été fixé à 42 €/MWh depuis 2012. Il a été temporairement relevé à 46,2 €/MWh en 2022 lors de la crise pour limiter la rente d'EDF. Ce tarif administré était bien en dessous des prix de marché, notamment pendant la crise 2022–2023 où les forwards dépassaient 600 €/MWh.

Qu'est-ce que le VNU qui remplace l'ARENH ?

Le VNU (Versement Nucléaire Universel) est le mécanisme de régulation du nucléaire existant mis en place à la suite de l'ARENH. Il vise un prix moyen de 70 €/MWh sur 15 ans pour la production nucléaire d'EDF. Quand les prix de marché dépassent ce seuil, EDF reverse une partie des bénéfices à l'État. Quand ils sont inférieurs, EDF est compensé. Son impact sur les factures professionnelles sera progressif.

La fin de l'ARENH fait-elle vraiment monter ma facture ?

Oui, pour les contrats renouvelés en 2026. La fin de l'ARENH prive les fournisseurs alternatifs d'une source d'approvisionnement à prix administré. Impact estimé : +6 à +7 €/MWh sur les nouveaux contrats. En pratique, l'écart entre fournisseurs s'est creusé — ceux qui ont mieux anticipé leurs approvisionnements proposent de meilleures offres.

L'ARENH s'appliquait-il à tous les professionnels ?

L'ARENH bénéficiait indirectement à tous les clients des fournisseurs alternatifs — c'est-à-dire aux professionnels qui n'étaient pas restés au Tarif Réglementé de Vente (TRV). Les clients EDF en offre de marché en bénéficiaient aussi, puisque EDF devait céder l'ARENH à ses concurrents, ce qui maintenait une pression sur ses propres prix.