Marseille, 1er port méditerranéen : deux marchés énergétiques en un
Le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) est le premier port français et le deuxième de Méditerranée. La zone de Fos-sur-Mer et de l'étang de Berre qui lui est adossée concentre 40 % de la capacité de raffinage française — TotalEnergies La Mède, Esso Fos — et un complexe pétrochimique parmi les plus importants d'Europe. Ces sites sont raccordés en HTA ou en HTB, avec des consommations qui se comptent en dizaines de GWh par an : leurs enjeux contractuels sont sans commune mesure avec ceux d'une PME de centre-ville.
À l'opposé de ce paysage industriel, Marseille intra-muros est le troisième pôle touristique français. Ses 2 000 établissements hôteliers et ses 5 000 restaurants dessinent un marché énergétique tertiaire massif, dominé par l'électricité pour la climatisation et le gaz pour la cuisine professionnelle. Ces deux univers — l'industriel de Fos et le restaurateur du cours Julien — partagent la même métropole mais n'ont ni les mêmes fournisseurs, ni les mêmes leviers, ni les mêmes priorités.
La fin de l'ARENH en janvier 2026 a eu un impact surtout sensible pour les très grands consommateurs industriels de Fos : le prix de référence qu'ils utilisaient pour leurs achats d'électricité nucléaire historique à 42 €/MWh a disparu, les renvoyant vers les marchés forward où le baseload se négocie aujourd'hui entre 75 et 90 €/MWh selon les années. Pour les PME en basse tension, la transition est moins brutale mais justifie de revoir des contrats signés avant 2024 sur des bases de prix aujourd'hui dépassées.
Climatisation, cuisine professionnelle, industries portuaires : les profils énergétiques AMP
La saisonnalité marseillaise est l'inverse de celle des régions nordistes. En juillet et août, la consommation électrique des entreprises de la métropole dépasse de 25 à 35 % la moyenne nationale pour une surface équivalente. Un hôtel 4 étoiles de 300 chambres consomme entre 1,5 et 2 GWh d'électricité par an — dont une part disproportionnée en été, uniquement pour la climatisation des chambres, des couloirs et des espaces communs. Cette réalité climatique dicte le premier choix contractuel : l'option tarifaire.
Les restaurants et cafés du Vieux-Port présentent un profil gaz structurellement différent de leurs équivalents parisiens ou lyonnais. Le chauffage des salles est quasi inexistant d'octobre à avril — les températures hivernales marseillaises restent douces. En revanche, les fourneaux fonctionnent 365 jours par an, à cadence comparable. Ce profil plat, sans pic hivernal, neutralise l'intérêt d'une couverture saisonnière et simplifie la décision : elle se résume à un arbitrage entre prix fixe garanti et exposition au TTF spot sur la durée du contrat.
La zone de Fos regroupe des sites HTA et HTB dont les profils de charge sont continus et prévisibles — raffinerie, terminal méthanier, industrie chimique. Ces entreprises accèdent à des contrats BLOCK-AND-INDEX qui combinent un socle acheté à terme (sécurité) et une tranche indexée sur le spot (optimisation). Le TURPE 7, entré en vigueur en août 2024 avec une hausse de 7,7 % sur l'acheminement, a alourdi la structure de coût de ces sites sans que la plupart des directions financières l'aient pleinement intégré dans leurs budgets 2026.
Optimiser l'énergie de son entreprise à Marseille : diagnostic avant tout
À Marseille, la séquence d'optimisation ne commence pas par l'appel d'offres. Elle commence par l'option tarifaire. Un bureau ouvert du lundi au vendredi, climatisé en journée, consomme l'essentiel de son électricité pendant les heures dites « pleines ». Les heures creuses — nuit, week-end — ne représentent qu'une fraction marginale de la consommation annuelle. Dans ce cas, opter pour HP/HC ne réduit pas la facture : cela la structure différemment, sans bénéfice net. La comparaison chiffrée entre une offre Base et une offre HP/HC sur le profil réel de l'entreprise est la première étape, avant toute mise en concurrence.
Pour un hôtel de 200 chambres consommant 1,2 GWh/an, un écart de 8 €/MWh sur le prix de fourniture représente 9 600 euros de gain annuel. Pour un restaurant du Panier consommant 60 000 kWh de gaz par an, la différence entre un contrat indexé TTF et un prix fixe négocié à terme peut atteindre 1 500 à 2 500 euros selon le niveau de marché au moment de la signature. Ce sont ces ordres de grandeur concrets que l'audit préalable permet de poser avant de lancer les appels d'offres.
Les hôtels et résidences de tourisme de la métropole sont de plus en plus sollicités sur leur démarche environnementale — certifications Green Key, HotelCert, référentiels ESG des tour-opérateurs internationaux. L'approvisionnement en électricité avec garanties d'origine renouvelable (GO) est souvent une condition d'éligibilité à ces labels. Dans la grande majorité des cas, les fournisseurs proposent les GO à un surcoût marginal de 0,5 à 2 €/MWh — voire gratuitement dans un contexte d'appel d'offres compétitif. Demander les deux chiffrages — avec et sans GO — ne coûte rien et peut débloquer des certifications à forte valeur commerciale.
Questions fréquentes
L'option HP/HC est-elle vraiment adaptée à mon entreprise marseillaise ?
En PACA, la réponse est souvent non. La saisonnalité estivale inverse le profil de consommation des entreprises marseillaises : la climatisation tourne en journée, du lundi au vendredi, pendant les heures dites « pleines ». Les heures creuses nocturnes et les week-ends représentent une part marginale de la consommation annuelle. Résultat : l'option HP/HC, pensée pour valoriser les décalages de charge, ne génère aucun bénéfice pour la plupart des commerces, bureaux et hôtels de la métropole. Une offre Base bien négociée surclasse fréquemment ce dispositif. La première étape d'un audit énergétique sérieux consiste à vérifier ce point avant toute mise en concurrence des fournisseurs.
Les industriels de Fos-sur-Mer (HTA, HTB) peuvent-ils accéder à des contrats spécifiques ?
Oui, et les écarts avec un contrat BT standard sont significatifs. Les sites raccordés en HTA (1 à 50 MW) ou en HTB (au-delà de 50 MW) sur la zone de Fos et l'étang de Berre accèdent à des structures contractuelles que les PME en basse tension ne connaissent pas : contrats BLOCK-AND-INDEX, tranches horaires calibrées sur la courbe de charge industrielle, clauses de modulation de volume. Pour les complexes pétrochimiques et les terminaux portuaires à haute intensité électrique, la fin de l'ARENH a reconfiguré les équilibres tarifaires — les achats de baseload sur le marché forward se substituent désormais aux volumes nucléaires historiques, avec un impact direct sur la structure du prix. Ces profils nécessitent un accompagnement spécialisé, différent de ce qui est proposé aux PME tertiaires.
Mon restaurant du Vieux-Port consomme du gaz toute l'année : faut-il sécuriser le prix maintenant ?
La restauration marseillaise présente un profil gaz quasi constant : les fourneaux tournent 12 mois sur 12, sans pic hivernal marqué lié au chauffage. Ce profil plat est à la fois une force et un paramètre structurant : il rend inutile toute couverture saisonnière, et oriente la décision vers un arbitrage simple entre prix fixe et prix indexé sur le TTF. En mars 2026, le TTF spot tourne autour de 40–45 €/MWh, avec des forward 2027 à environ 34–36 €/MWh. Pour un restaurant consommant 50 000 à 80 000 kWh/an de gaz, cet écart représente une économie potentielle de 800 à 1 800 € si la couverture 2027 est prise maintenant plutôt qu'en novembre. La décision dépend de votre appréciation du marché et de la durée restante sur votre contrat actuel.
wattExpert couvre-t-il les 92 communes de la métropole Aix-Marseille-Provence ?
Oui, l'ensemble de la métropole AMP est couvert, d'Aix-en-Provence à Martigues, d'Aubagne à Fos-sur-Mer. Les appels d'offres sont conduits à l'échelle nationale : les fournisseurs ne différencient pas leurs tarifs selon la commune dans une même zone de distribution Enedis ou GRDF. Qu'une entreprise soit située dans le 13e arrondissement de Marseille, à Vitrolles ou sur la zone industrielle de Fos, la démarche est identique et les fournisseurs consultés sont les mêmes. Seule la puissance de raccordement et le niveau de tension (BT, HTA, HTB) modifient les offres disponibles.